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Génération « révolution » et campagnes de protestation en Tunisie - Séminaire avec Éric Gobe

Mardi 17 janvier 2023, à 14h, à la MMSH (Aix-en-Provence), en salle 101, le séminaire de recherche de l'équipe Sciences sociales du contemporain accueillera Éric Gobe (CNRS, IREMAM) pour une intervention intitulée « Génération « révolution » et campagnes de protestation : les nouvelles formes de l'engagement des jeunes activistes tunisiens de gauche (2015-2021) ».

Depuis deux décennies, plusieurs militants et sociologues de l’action collective, ont insisté sur les changements qui ont affecté les formes de la participation politique et sociale de toute une génération de jeunes altermondialistes et d’activistes « alterdémocratiques » (Jean-Claude Monod) en Europe et aux États-Unis. En réponse à un sentiment de dépossession de la décision politique, ces derniers se sont réappropriés l’espace public, transformé en agora, lieu d’un débat horizontal et de l’exercice en assemblée d’une démocratie directe préfigurant l’existence d’un autre monde possible. Le sociologue Geoffrey Pleyers dans une recherche sur l’« engagement et la relation à soi chez les jeunes alteractivistes » notait que la volonté d’autonomie de ses derniers s’était construite et affirmée « face aux instances classiques de socialisation politique et aux organisations militantes ». Il en est de même des jeunes issus des classes moyennes urbaines se réclamant d’une gauche plus ou moins radicale et déçus par les partis politique qui ont pris l’initiative de campagnes de protestation combinant activité en ligne et présence physique dans des actions collectives. S’est ajouté en Tunisie, le sentiment d’être une génération sacrifiée par les « vieux » leur ayant confisqué leur révolution, celle d’une jeunesse qui, sans leaders, aurait chassé le dictateur Ben Ali avant d’être trahie par les élites politiques. L’engagement dans les campagnes leur a donné ainsi la possibilité de rejouer à une petite échelle le scénario homothétique d’un changement politique non-tributaire d’un leader ou d’une structure hiérarchique verticale. Pour autant, cela n’a pas empêché nos enquêtés d’être confrontés, tout comme les alteractivistes, « aux questions posées par les limites structurelles des modes d’action de l’antipolitique » (Geoffrey Pleyers).

Éric Gobe est directeur de recherche au CNRS (IREMAM, Aix-Marseille Université). Politiste, hdr en sociologie, il a été le rédacteur en chef de L’Année du Maghreb. Il est l’auteur des ouvrages suivants : Jalons pour une sociologie des ingénieurs au Maghreb (Série les e_nédits de l’Iremam, 2015), Les avocats en Tunisie de la colonisation à la révolution (1883-2011). Sociohistoire d’une profession politique (IRMC/Karthala, Coll. Hommes et sociétés, 2013), Les ingénieurs tunisiens : dynamiques récentes d’un groupe professionnel (L’Harmattan, 2004), Les hommes d’affaires égyptiens. Démocratisation et secteur privé dans l’Égypte de l’Infitah (Karthala, Coll. Hommes et sociétés, 1999). Il a également dirigé trois ouvrages collectifs : Justice et réconciliation dans le Maghreb post-révoltes arabes (Karthala, 2019), Des justices en transition dans le monde arabe ? Contribution à une réflexion sur les rapports entre justice et politique, (Rabat, CJB, Coll. Maktabat el-Maghreb, 2016), L’ingénieur moderne au Maghreb. XIXe-XXe siècles (Maisonneuve & Larose, Coll. Connaissance du Maghreb, 2004).

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Année
2023