Tunisie

Crise de la représentation politique en Tunisie - Webinaire avec Éric Gobe

Séminaire de l’équipe Sciences sociales du contemporain 

Responsables : Thomas Pierret et Marine Poirier

Vendredi 21 janvier 2022, 14h, en visioconférence. Lien zoom

Le séminaire de recherche du pôle Sciences sociales du contemporain de l'IREMAM accueille un membre du pôle, Éric Gobe, qui interviendra sur "La crise de la représentation politique en Tunisie : le 'populisme messianique' de Kais Saïed comme cristallisation de l’échec du régime parlementaire."

Dix ans après révolution, la récente proclamation de l’état d’exception le 25 juillet 2021 par le président de la République, Kais Saïed, en s’appuyant sur une lecture « extensive » de l’article 80 de la Constitution apparaît comme le symptôme de la « crise organique », pour reprendre la terminologie gramscienne, que traverse actuellement la Tunisie. Autrement dit, elle est l'aboutissement du dysfonctionnement d’institutions politiques parlementaires incapables réguler les tensions sociales générées par le fonctionnement du « régime rentier maffieux » (Aziz Krichen) mis en place à l'époque du président Ben Ali. Les manifestations populaires d’approbation de la décision prise par le président Kais Saïed de geler les travaux du parlement et de lever l’immunité de ses députés traduisent ainsi un rejet massif de l’ordre parlementaire institué par la Constitution de 2014 et du partage du pouvoir, de ses privilèges et de ses rentes, entre les cadres dirigeants du mouvement islamo-conservateur Ennahdha et une partie des élites de l’ancien régime. Reste à savoir si le désir du président Saïed de « corriger la trajectoire », c’est-à-dire d’instituer un régime politique articulant des formes de démocratie directe et un président de la République fort s’affirmant comme la « bouche du peuple » est à même d’établir une nouvelle forme de gouvernementalité qui résoudrait le hiatus entre représentants et représentés ou si son discours et ses pratiques qui, selon nous relève de ce qu’on peut appeler un « populisme messianique », seraient plutôt la porte ouverte à l’émergence d’un régime autoritaire.

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