OUTDOOR SEMINARS AND WORKSHOPS

These research seminars are co-organised and co-hosted by IREMAM researchers and teacher-researchers. The seminars are listed by date of first session.

Organisé par Anne-Sophie Lamine, professeure des universités, Université de Strasbourg, Sabrina Mervin, directrice de recherche, CNRS, Iremam et Nadjet Zouggar, maîtresse de conférences, Aix-Marseille Université, Iremam.

L’objectif du séminaire est de mettre islamologie et sciences sociales en dialogue, de diverses manières, en reconnaissant la pertinence et la légitimité de toutes les approches et en les décloisonnant; d’interroger nos pratiques et de les confronter dans un but heuristique. Il n’est pas question, d’un côté, de diluer le religieux dans le social ou le politique et, de l’autre, de surdéterminer la variable religieuse. 

Plusieurs pistes de réflexion permettront de mettre en place les échanges. 
- Les textes. Comment revisiter la philologie par les méthodes de l’analyse textuelle et des techniques d’analyse littéraire appliquées aux textes religieux ? Comment l'histoire sociale, l'anthropologie et la sociologie permettent-elles d'éclairer les contextes de production et les processus de réappropriations synchroniques et diachroniques ? Comment l'islamologie peut-elle nourrir les chercheurs en sciences sociales sur le sens des termes, sur le contexte de production des textes, les intentions, les interactions ?

- Les concepts issus des sciences religieuses de l’islam ou dits « islamiques ». Comment les traduire en d’autres langues que l’arabe et, surtout, les transposer, en faire usage dans les sciences sociales ?

- Les catégories des sciences sociales émanant de recherches sur d’autres religions. Comment les appliquer à l’islam pour mieux saisir des faits libellés sous des termes ambivalents ? Comment travailler sur des concepts généraux de sciences sociales en les appliquant aux faits religieux de l'islam ? 

- Les auteurs et les acteurs étudiés tant par les islamologues que par les praticiens des sciences sociales, dans des contextes fort différents, font l’objet d’approches plurielles, parfois ambivalentes ou contradictoires par les acteurs eux-mêmes et par les chercheurs. Comment analyser et discuter la diversité des usages ? 

Ce séminaire se déroulera en visioconférence et simultanément à l'EHESS (le mercredi de 18h30 à 20h30, Campus Condorcet-Centre de colloques, salle 3.09, Aubervilliers), à l'université de Strasbourg et à l'université d'Aix-en-Provence. Il se prolongera par une journée d'études.

Pour s'inscrire, à chaque séance, les participants iront sur le planning et pourront déposer une demande de participation, en présentiel ou en distanciel ou bien directement ICI

Programme

Mercredi 3 novembre 2021, 18h30-20h30 - Séance d’ouverture 

Une présentation de ce séminaire interdisciplinaire (programme, objectifs, enjeux) sera exposée par Sabrina Mervin et débattue. Puis nous écouterons une communication qui sera discutée par Anne-Sophie Lamine avant la discussion générale. 

Avec Haouès Seniguer, IEP Lyon, L'invention de "l'islamisme" ou comment les islamistes arabes ont inventé le mot et le mouvement : quelques pistes de recherche.
L'emploi du vocable  islamisme/islamiste s'est immiscé dans le débat public depuis le début des années 2000 suite aux attentats d'inspiration islamique. L’usage flou et souvent disqualificatoire de ces termes se réfère à divers acteurs, mobilisations, activités sociales ou organisations qui ne correspondent pas à leur sens initial, lié à l’émergence des Frères musulmans en 1928. Les chercheurs eux-mêmes ne s’accordent pas sur leur sens. Après une brève présentation de l'archéologie du vocable et de la diversification de ses emplois, nous proposerons une définition opératoire et nous montrerons la manière dont ces termes sont pensés, perçus, appropriés ou mis à  distance, par les acteurs ainsi désignés.

Mercredi 1er décembre 2021, 18h30-20h30 - L’écrit et l’histoire : deux approches textuelles du Coran

Les communications de cette séance éclairent, sous deux angles différents, sur les nouvelles approches textuelles permettant d’interroger le Coran comme source de sa propre histoire, de celle des débuts de l’islam et plus globalement de la péninsule Arabique de l’Antiquité tardive. Ce, en dépassant certains obstacles que posent l’aspect fragmentaire, obscur et hétérogène du corpus coranique tel qu’il nous est parvenu.

Mehdi Azaiez, UCLouvain, De l’Allocutaire coranique au Muḥammad historique.
Dans un ouvrage collectif paru en 2000 et intitulé The Biography of Muhammad, the issue of the Source, Harald Motzki écrivait : « d’un côté, il n’est pas possible d’écrire une biographie historique du Prophète sans être accusé de faire un usage non critique des sources tandis que, d’un autre côté, lorsqu’on fait un usage critique des sources, il est simplement impossible d’écrire une telle biographie ». S’il existe aujourd’hui un large consensus parmi les historiens pour valider ce constat, il n’est pas inutile d’envisager de nouvelles approches fondées sur une analyse serrée du texte coranique. L’exposé conduira d’abord à identifier puis analyser systématiquement la présence d’un « allocutaire premier » que la tradition islamique identifie comme Muḥammad dans le Coran. Puis, on tentera de déterminer à partir de couches rédactionnelles considérées comme tardives, les traces d’une mise en scène de cette figure par les derniers rédacteurs du Coran. 

Iyas Hassan, Sorbonne université, Le Pacte de Dieu et le Livre des hommes. Ce que l’étymologie nous (dés)apprend de l’histoire du Coran.
Évoquées dès leurs usages coraniques par le biais d’une terminologie ambiguë, les notions de kitāba et de kitāb ont été au cœur de la définition du Coran comme livre, œuvre originellement divine dans une perspective pieuse et, dans une perspective historico-critique, livre formé progressivement à partir d’écrits fragmentaires. Les choix adoptés dans les traductions successives du Coran, que la présente communication abordera brièvement, révèlent une idée centrale de l’écrit, basée sur un regard rétrospectif, parfois anachronique du contexte coranique et adossée à la notion de « religions du Livre » qui inclut l’islam. L’analyse étymologique de termes arabes antiques usités dans le Coran et d’autres termes contenant la racine ktb et forgés durant les deux premiers siècles de l’Hégire suggère toutefois de nuancer la centralité de l’écrit et est susceptible de faire évoluer notre regard sur la formation et l’évolution du Coran. En revenant sur une réflexion développée dans Le religieux le narratif et le littéraire. Coran et exégèse coranique dans l’histoire de la littérature arabe (2019), cette communication interroge ainsi la place de l’approche linguistique dans les études islamologiques.

Mercredi 5 janvier 2022, 16h30-18h30 - Le couple quiétisme/activisme au prisme de la critique et à travers le cas du chiisme contemporain 

Tristan Hillion-Launey (doct. EHESS/CéSor), Thibaud Laval (doct. EHESS/CéSor) et Sabrina Mervin (CNRS/CéSor-EHESS).

Cette séance animée à trois voix vise à interroger la pertinence du couple quiétisme/activisme souvent appliqué au chiisme contemporain. À l’appui de l’islamologie et des sciences sociales, nous discuterons de positions doctrinales et politiques ambivalentes afin d’ouvrir de nouvelles pistes de réflexion. Comment ces catégories sont-elles apparues et ont été utilisées dans le champ académique ? Comment peut-on élaborer de nouvelles manières de saisir les faits en se fondant sur l’étude des doctrines et des pratiques politiques ? Au-delà de la révolution islamique en Iran, l’étude des cas irakien et libanais des années 1950-1970 permet de mettre en lumière des positions théoriques et des formes d’engagement qui ne se résument pas à la seule notion de guidance du théologien-juriste élaborée par Khomeini, ni aux mobilisations révolutionnaires qui en ont découlé. On terminera en examinant la manière dont le marja‘ Ali Sistani, souvent qualifié d’apolitique, fait de la politique.

Mercredi 2 février 2022, 18h30-20h30 - Le couple quiétisme/activisme au prisme de la critique et à travers le cas du sunnisme

Lahcen Daaif, Université Lyon II, Vers un quiétisme activiste : Ibn Hanbal réinterprétant la voie des salaf-s.
Contrairement à la tendance activiste qui avait prévalu au sein du salafisme des deux premiers siècles de l’islam, particulièrement sous les Omeyyades, Ibn Ḥanbal (m. 241/855), tout en cultivant le quiétisme, appelait à une résistance sereine qu’il tenait pour la voie médiane prônée par la majorité des salaf-s face à l'injustice des détenteurs du Pouvoir. Pour ses partisans, son emprisonnement et la flagellation qui en était suivie à cause de son abjuration de la thèse du Coran créé, seraient la parfaite illustration de son quiétisme activiste. L'objet de notre intervention est de présenter les arguments « rationnels » et les preuves scripturaires sur lesquels se fonde cette doctrine, en s’interrogeant sur sa mise en œuvre du vivant d’Ibn Ḥanbal.

Stéphane Lacroix, IEP Paris, Quiétisme et salafisme : questions et mise en perspective théorique.
Dans la littérature scientifique, le courant majoritaire du salafisme est fréquemment qualifié de quiétiste - principalement pour le distinguer de ses variantes politiques et jihadiste. Ce terme, pourtant, est mal adapté, d’une part parce qu’il réduit la diversité du salafisme majoritaire à une unique approche, et d’autre part parce qu’il ne permet pas de penser les relations complexes qu’entretiennent les salafistes à la société et au champ politique. Notre propos cherchera dans la notion de « grammaire d’action » une manière plus féconde de penser ces relations.

Discutant : Oméro Marongiu-Perria, chercheur associé à l’IPRA, Nantes.

Mercredi 2 mars 2022, 16h-18h, en visioconférence.

Ibn Taymiyya comme objet d’étude en histoire et en islamologie

Le nom du théologien juriste hanbalite Ibn Taymiyya mort à Damas en 1328 est devenu incontournable lorsqu’on étudie la pensée musulmane contemporaine. Depuis l’émergence des revivalismes sunnites au XVIIIe -XIXe s. la pensée de cet auteur a fécondé une tradition que l’on désigne aujourd’hui par « salafisme ». Ibn Taymiyya intéresse tant les historiens de l’époque mamelouke que ceux qui étudient le monde musulman moderne et contemporain. Il est également étudié par les islamologues pour son œuvre monumentale et pour l’impact de son œuvre sur la pensée sunnite. Nous approcherons cette figure majeure de l’islam par l’islamologie et l’histoire et nous conclurons la séance par une discussion avec un sociologue et politiste.

Mehdi Berriah, Assistant Professor, Faculty of Religion and Theology, Vrije Universiteit Amsterdam. Ibn Taymiyya dans les sources historiques.
Aussi bien adulé que critiqué, Ibn Taymiyya a été de son vivant, et reste encore aujourd’hui, un personnage clivant. Si ce phénomène s’explique, en partie, par certaines de ses positions sur des questions relatives à la théologie, au droit ou au soufisme et qui provoquèrent d’intenses polémiques, le rôle des chroniqueurs et biographes d’Ibn Taymiyya, aussi bien ses soutiens et détracteurs, est tout aussi important. Ils contribuent fortement à la construction d’une image double : d’un côté, celle de ses soutiens qui le présentent comme le défenseur de la Sunna, du « vrai » islam, le mujāhid combattant à la fois les ennemis de la religion qu’ils soient externes, comme les Mongols, qu’internes avec les innovateurs. De l’autre, celle de ses détracteurs qui le décrivent comme un personnage marginal, chef de secte, rigoriste - voire fanatique -, et le considèrent comme un égaré ou encore souffrant de troubles psychologiques. À partir de la confrontation des chroniques et des notices biographiques, on  analysera ces deux images antagonistes et l'on tentera de faire la lumière sur les éléments pouvant expliquer ce phénomène. 

Nadjet Zouggar, maîtresse de conférences, AMU-IREMAM. Références à la pensée d’Ibn Taymiyya dans le discours religieux wahhabite contemporain.
Ibn Taymiyya est aujourd’hui considéré comme une référence majeure dans la pensée wahhabite. Cela se traduit par l’adoption de certaines de ses doctrines et plus largement de pans entiers de son système de pensée par les adeptes de ce courant.
On examinera la réception de l’œuvre d’Ibn Taymiyya dans les écrits de deux théologiens wahhabites contemporains : Safar al-Ḥawālī et Nāṣir bin Ḥamad al-Fahd. L'objectif est d’appréhender la manière dont la pensée taymiyenne est reçue (quelles doctrines ? quels ouvrages ?) mais aussi s'interroger sur la manière dont sa pensée agit sur l’épistémè de cette école de pensée.
Discutant : Thomas Pierret, CNRS- IREMAM.

Mercredi 6 avril 2022, 17h-19h, en visioconférence. Lien de connexion

La séance sera animée par Anne-Sophie Lamine (SAGE, Université de Strasbourg).

Quand la sociologie décrypte les religiosités musulmanes : comment analyser et nommer les intensités religieuses et leur rapport à l’altérité

Il s’agira dans cette séance d’interroger la pertinence de termes existants en sociologie, tels que l’(in)transigeance, l’intégralisme, le rigorisme ou la radicalité, mais aussi de voir comment les sciences sociales peuvent mobiliser des notions telles que l’orthodoxie, le traditionalisme et le littéralisme. Les deux intervenant·es proposeront leurs pistes de réflexions à partir de leurs approches sociologiques et de leurs terrains d’enquête.

Anne-Sophie Lamine explorera ces questions à partir de son enquête sur l’internet musulman et les prédicateurs-youtubeurs.

Younes Johan Van Praet (LPED, CISMOC, Inalco) offrira un point de vue à partir des pratiques de transmission du savoir religieux notamment au sein de l’offre « madhhabique » francophone (courant se présentant comme ash'arite, soufi, affilié à une des quatre écoles juridiques sunnites).

Les deux intervenant·es se répondront brièvement. Nous espérons que la discussion qui suivra ensuite avec les autres participant.es du séminaire permettra de questionner ces réflexions sociologiques et de les faire dialoguer avec les savoirs islamologiques dans leurs complémentarités.

La suite du programme sera communiquée ultérieurement. À retrouver sur Néobab - Base de données des enseignements et séminaires de l'EHESS

Responsables : Claire Bosc-Tiessé (INHA), Amélie Chekroun (CNRS, IREMAM), Marie-Laure Derat (CNRS, Orient & Méditerranée), Anaïs Wion (CNRS, IMAF).

Ce séminaire teste et confronte hypothèses et méthodes pour montrer comment les sciences humaines écrivent aujourd’hui le passé de l’Afrique. L’objectif est de présenter et discuter les recherches en cours sur l’Afrique ancienne, entendue dans un sens très large de la préhistoire jusqu’au pré-contemporain, prenant en compte aussi bien les régions au sud du Sahara que celles qui sont au nord. Il s’agit non seulement d’établir une veille sur les tendances actuelles de la recherche mais surtout de voir comment celle-ci peut se faire en situation de pénurie documentaire dans une interdisciplinarité en acte. Ce séminaire permet aussi de mobiliser et rassembler les recherches sur l’Afrique pré-contemporaine pour créer un lieu d’échanges et dynamiser le champ.

En 2021-22, le séminaire fait la part belle à la jeune recherche et s’organise autour de trois modules thématiques. Le premier rassemble différents jeunes chercheurs autour de questions juridiques et d’écriture de l’histoire, le deuxième revient sur les rapports entre histoire et archéologie au long du deuxième millénaire de notre ère et le troisième présente les recherches en cours sur les archives scientifiques et celles liées à l’acquisition d’objets en Afrique par des Européens au cours du XIXe siècle.

Les séances ont lieu le mercredi, une fois par mois, de novembre à juin, de 10h à 13h, à l’INHA, 6 rue des petits champs / 2 rue Vivienne, Paris. Pass sanitaire obligatoire.

Programme 2021-2022

1. Écriture de l’histoire et histoire de la justice

17 novembre 2021, 10h-13h, salle Benjamin
Emmie Le Galès (doctorante EHESS, IMAF), « L’écriture de l’histoire du Shäwa de la fin du XIXe aux années 1970 »
Héloïse Mercier (doctorante Université Paris 1, laboratoire Orient et Méditerranée, équipe Islam médiéval), « Écritures de l’histoire à Harar (Éthiopie orientale) du XVIIe au XXe siècle »

15 décembre 2021, 10h-13h, salle Benjamin
Charles Diemé (doctorant Université Paris 1, Laboratoire Orient et Méditerranée, équipe Islam médiéval), « L’organisation de l’espace judiciaire royal dans le royaume d’Éthiopie (XVIe-XVIIIe siècle) »
Amélie Lemanceau (doctorante Université Paris 1 – Laboratoire Orient et Méditerranée, équipe Islam médiéval), « Les Portugais dans la vallée du Zambèze entre 1560 et 1650 »

2. Archéologie et histoire médiévale

12 janvier 2022, 10h-13h, en visioconférence
Caroline Robion-Brunner (CNRS-CFEE), Marie-Pierre Coustures (UT2J), Stephan Dugast (IRD, PALOC), « Origines et étapes de la diversité des techniques sidérurgiques en Afrique de l'Ouest : le cas de la production du fer en pays bassar (Nord du Togo) du XIIIe au XXe siècle »

09 février 2022, 10h-13h, salle Benjamin - Actualité des recherches archéologiques en Afrique de l’Est
Manon Routhiau (doctorante Université de Toulouse Jean-Jaurès, laboratoire TRACES), « L'activité rupestre et la culture troglodytique à Lalibela et dans sa région (Éthiopie) »
Yanis Mokri (doctorant Université de Paris 1, Laboratoire Orient et Méditerranée, équipe Islam médiéval), « Le delta du Tana: une étude historique et archéologique d'une embouchure de fleuve au Kenya de la période médiévale à la période contemporaine »
Exceptionnellement, le séminaire se prolongera avec une troisième intervention, de 14h30 à 16h, en salle Benjamin. Hiluf Berhe nous présentera ses recherches autour d'une intervention intitulée "Evidence of iron production from Gud Bahri archaeological excavation and their possible use for carving rock-hewn churches in Tigray".

16 mars 2022, 10h-13h, salle Vasari - Actualité de l’archéologie en Afrique forestière tropicale
Léa Roth (doctorante Université de Paris 1, laboratoire Orient et Méditerranée, équipe monde sémitique), « Ifé entre archives de papier et archives du sol : historiographie et archéologie d’un centre urbain ouest-africain, (sud-ouest Nigéria) c.1000-1400 CE »
Geoffroy de Saulieu (IRD, PALOC), « Lignages villages. L’Afrique centrale atlantique depuis 2500 ans »

Pour écrire une histoire de l’Afrique centrale atlantique nous utilisons dans notre réflexion trois niveaux d’analyse : i- les recherches locales, avec les reconstitutions chronologiques méticuleuses au niveau des sites archéologiques et/ou paléo environnementaux ; ii- les tentatives de synthèses régionales qui cherchent aujourd’hui à s’affranchir des biais de subjectivité (en utilisant par exemple les modélisations statistiques des datations radiocarbones) ; iii- les démarches hypothético-déductives nourries de données ethnographiques. En jouant sur ces différents niveaux nous proposons un tableau du phénomène culturel d’Afrique centrale, fondé sur l’organisation lignagère.

3. Histoire, patrimoine et collections

Au cours des trois dernières séances de l’année 2021-22, les intervenants reviendront sur la manière dont s’écrit l’histoire et se définit le patrimoine africain à travers les collections muséales et au-delà. Les études de cas présentées ici mettront en avant la manière dont s’écrit l’histoire des sociétés à partir de l’histoire des collections, en examinant les contextes et modes d’acquisition les typologies d’objets, l’étude des objets eux-mêmes ; comment les récits muséaux se construisent par rapport à l’analyse historique, comment ils l’utilisent, voire comment ils l’affectent. 

13 avril 2022, 10h-13h, salle Vasari
Claire Bosc-Tiessé (INHA / IMAF) : « Histoire, patrimoine et collections muséales d'objets d'Ethiopie à travers le monde, avec un focus sur les collections en France »
Pauline Monginot (INHA / CESSMA) : « Les objets malgaches des collections muséales françaises : une source pour l’histoire des pratiques artistiques à Madagascar aux XIXe et XXe siècles ? »

18 mai 2022, 10h-13h, salle Vasari
Alexandra Galitzine-Loumpet (CESSMA) : « Métamorphoses de trônes bamoun : collections, projections, assignations » 

08 juin 2022, 10h-13h, salle Vasari
Alexandre Girard-Muscagorry (EHESS / Cité de la musique) : « La collection d’instruments de musique rapportés d’Afrique par Victor Schoelcher et l’écriture des premiers savoirs ethnomusicologiques en Europe »
Margaux Lefevre (EHESS / IMAF) : « Histoire, populations et territoires au prisme des collections du Gabon conservées en France »
À retrouver sur le site de l'IMAf

Fes_coffee_place_in_the_mellah

Photo : Fès, Coffee place in the mellah © Wikipédia

Séminaire du Centre Jacques Berque - 2021/2022

Organisation : Catherine Mayeur-Jaouen (Sorbonne Université) et Antoine Perrier (CNRS, IREMAM)

Les séances auront lieu le vendredi de 14h à 16h, en format hybride, au Centre Jacques Berque, salle des séminaires, 35 avenue Tariq Ibn Ziyad, Rabat, 10020. 

Comme l’histoire contemporaine a tendance à s’effacer au profit d’autres sciences sociales du très contemporain, ce séminaire voudrait mettre en lumière les dynamiques des recherches récentes, achevées ou en cours, dans les universités européennes et américaines, autour de l’histoire contemporaine du Maroc (XIXe-XXe siècles). Il propose un espace de discussion autour des enquêtes sur le terrain, en s’éloignant délibérément de l’image d’un Maroc aux archives rares ou inaccessibles, qui serait délaissé au sein des études maghrébines au profit de l’Algérie ou de la Tunisie. Les chercheurs évoqueront la variété des lieux d’archives entre institutions publiques et bibliothèques privées au Maroc, les modalités d’accès à ces sources, la singularité et variété de la documentation locale. Fidèle à la riche tradition anthropologique développée au Maroc, le séminaire favorise les approches ethnologiques du terrain d’enquête, où les questions historiques dialoguent avec les aspects contemporains de la société marocaine.
Ces séances proposeront une première esquisse de la géographie des sources présentes au Maroc, en insistant sur leur ancrage local ou au contraire sur leur complémentarité avec d’autres fonds dispersés en Europe (Espagne et France en particulier). Elles espèrent contribuer au dialogue entre l’historiographie développée dans les universités européennes et américaines et la recherche conduite au Maroc, en invitant des discutants, chercheurs et universitaires marocains, à chaque session. Télécharger le programme

Programme

3 décembre 2021 
Daniel Rivet, Université de Paris 1-Panthéon-Sorbonne. Présentation de Henry de Castries (1850-1927) : du faubourg Saint-Germain au Maroc, un aristocrate islamophile en République, Karthala, 2021.

Discutant : Jamaa Baida (Université Mohammed V, directeur des Archives du Maroc)
 
21 janvier 2022 
Ari Schriber (University of Toronto). « Sharīʿa coloniale ou sharīʿa dans la colonie ? La tradition juridique marocaine-mālikite dans le travail des tribunaux marocains sous protectorat »

Discutant : Nour-Eddine Qaouar (University of Oxford, Université Mohammed V, Rabat)

11 février 2022 
Mathieu Marly, IRHIS, Université de Lille et EHNE, Sorbonne Université. « Une histoire du mouvement rifain par ses archives : les "papiers Abdelkrim" à la Courneuve et à Nantes. »

Discutant : Jamaa Baida (Université Mohammed V, directeur des Archives du Maroc)

25 février 2022 
Josep Lluís Matteo Dieste, Universitat Autònoma de Barcelona. « Mémoires de l’esclavage à Tétouan  (XIXe-XXe siècles). Défis méthodologiques d’une anthropologie historique. »

Discutante : Leila Maziane (Université Hassan II, Casablanca).

18 mars 2022
Bettina Dennerlein, Universität Zürich. Présentation de Religion als Reform. Iṣlāḥ und Gesellschaft in Marokko, 1830-1912, Berlin: ZMO Studien 35, 2018.  

Discutant : Abdelahad Sebti (Université Mohammed V, Rabat)
 
25 mars 2022 
Emma Foissac, Sorbonne Université. « La production de l’animal au Maroc à l’époque du protectorat français. »

Discutants : Catherine Mayeur-Jaouen (Sorbonne Université, Centre Jacques Berque) et Antoine Perrier (CNRS, IREMAM)
 
27 mai 2022
Kaoutar Ghilani, University of Oxford. « ​Langue, race et civilisation : le paradigme colonial de la langue au Maroc. »

Discutant : Driss Maghraoui (Al Akhawayn University, Ifrane)

10 juin 2022
Claire Marynower
, Sciences Po Grenoble
« Langages de la cohabitation et de la distinction entre Marocains juifs et musulmans dans la zone nord du protectorat (1912-1940). »

Discutant : Mohammed Kenbib (Université Mohamed V, Académie du Royaume du Maroc, directeur de l’Institut pour la recherche sur l’histoire du Maroc)

04 juillet 2022
Eric Calderwood, University of Illinois
Présentation de Colonial al-Andalus. Spain and the Making of Modern Moroccan Culture, Harvard University Press, 2018.

Discutant : Jaafar Ben el Hajj Soulami (Université Abdelmalek Saâdi, Tétouan)

 Atelier « Actualité de la recherche sur les mondes coloniaux » (2022-2023)

Photo © Fonds Désiré Sic, militaire français au Maroc entre 1912 et 1933.

Co-organisé par :
Analyse comparée des pouvoirs (ACP, Marne-la-Vallée).
Archives nationales d’outre-mer (ANOM, Aix).
Centre d'Études de l'Inde et de l'Asie du Sud (CEIAS, Paris).
Institut des mondes africains (IMAf, Aix).
Institut de recherches et d’études sur les mondes arabes et musulmans (IREMAM, Aix).
Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes (LARHRA, Lyon).

Séances le lundi, 10h-12h. Archives nationales d’outre-mer, 29 chemin du Moulin de Testas, Aix-en-Provence et en visioconférence

Présentation de l’atelier

Bien qu’elles ne soient pas toujours revendiquées ainsi, les « études coloniales » forment un champ particulièrement dynamique et foisonnant. La définition et la place du « colonial » ne cessent d’être discutées et débattues, en histoire comme dans d’autres sciences sociales. Parallèlement, pour approfondir et dépasser cet horizon, les axes de recherche privilégiés se spécialisent de plus en plus, en formant de nouveaux sous-champs qui associent, par exemple, le fait colonial à l’histoire du droit, aux études de genre, aux services techniques de l’État, à l’environnement, etc. Aussi nous paraît-il utile d’en proposer régulièrement un état des lieux, d’exposer certaines des pistes empruntées dans les recherches en cours. Cet atelier est ouvert à tous les chercheurs intéressés, en particulier à ceux de passage aux Archives nationales d’outre-mer (ANOM) où se tiendront les séances. Il prendra la forme d’interventions d’historiens, d’anthropologues ou de sociologues, sur la base de lectures proposées en amont d’archives ou d’écrits scientifiques (parus / en cours de rédaction). La discussion sera privilégiée dans un second temps.

Contacts pour le lien zoom et le partage des extraits à lire notamment :
Didier Guignard (IREMAM, Aix), didier.guignard@univ-amu.fr
Thierry Guillopé (ACP, Marne-la-Vallée), thierry.guillope@gmail.com
Julie Marquet (CEIAS, ULCO Dunkerque), julie.marquet7@gmail.com
Antonin Plarier (LARHRA, Lyon 3), antonin.plarier@gmail.com
Florence Renucci (IMAf, Aix), florence.renucci@univ-amu.fr

Calendrier des séances 2022 - 2023

Lundi 10 octobre 2022
Haim Saadoun (Univ. libre de Tel-Aviv), « Le drame colonial des Juifs d'Afrique du Nord : de la prospérité au départ »

Lundi 14 novembre 2022
Jonas Matheron (Paris I Panthéon-Sorbonne), « Imposer l'ordre dans les forêts algériennes à la fin du XIXe siècle »

Lundi 12 décembre 2022
Arnaud Nanta, (IAO, Lyon), « Quels corpus et historiographie pour construire une histoire croisée des sciences sociales japonaises en contexte colonial ? »

Lundi 16 janvier 2023
Pascale Bathélémy (LAHRA, Lyon) et Ophélie Rillon (IMAF, Paris), « Dans l'atelier de l'historienne. Retours sur l'écriture de deux ouvrages sur la sororité et des parcours de militantes dans l’Afrique du milieu du XXe siècle »

Lundi 27 février 2023
Jacob Tatsitsa (Univ. d’Ottawa), « Contribution à l’historiographie du processus de décolonisation du Cameroun »

Lundi 13 mars 2023
Didier Inowlocki (INALCO, Paris), « Approcher la paysannerie en situation coloniale : une analyse au ras du texte (Égypte, seconde moitié du XIXe siècle) »

Mardi 11 avril 2023
Madeline Woker (Univ. de Cambridge), « Écrire l'histoire du rapport à l'impôt en situation coloniale »

Lundi 15 mai 2023
Mélina Joyeux (Aix-Marseille Université), « Les centres d’artisanat des Sœurs blanches en Algérie coloniale (années 1890-1940) : comment écrire une histoire de femmes au travail à partir d’archives missionnaires ? »

Lundi 12 juin 2023
Samuël Coghe (Univ. de Berlin), « Rechercher l'histoire coloniale et postcoloniale de l'élevage bovin à Madagascar (1895-1975) : thèmes, concepts et sources »