Partenaires

 



Rechercher



Maison méditerranéenne des sciences de l'homme Iremam
5 rue du Château de l'Horloge
BP 647
13094 Aix-en-Provence
France
Contact

Accueil > Formation à la recherche (Masters, ED, soutenances...) > Thèses soutenues depuis 2007 > En 2020

Soutenance de thèse (ED 355)

par Marie-Pierre Oulié

ED 355 Espaces, Cultures, Sociétés - Aix-Marseille
Spécialité : mondes arabes, musulman et sémitique

de Saïda LAREJ

« Le parler des Branès Nord-Taza (Nord du Maroc). Etude phonologique d’un parler arabe jebli (montagnard) »

Sous la direction de Catherine Miller

- Lundi 7 décembre 2020, 14h, MMSH, salle Duby, Aix-en-Provence

Jury

Catherine MILLER, Directrice de recherche CNRS, Aix Marseille Université, IREMAM, Directrice de thèse.
Ángeles VICENTE, Professeure, Facultad de Filosofias et Letras, Université de Saragoza, CoDirectrice de thèse.
Mena LAFKIOUI, Directrice de recherche CNRS, LACAN, Paris, Examinatrice.
Jairo GUERRERO, Maître de conférences DEMO, Aix-Marseille Université, IREMAM, Examinateur.
Fouad BRIGUI, Professeur, Faculté des Lettres et des Sciences Humaines, Fès-Dhar el Mehraz, Fès, Maroc, Rapporteur.
Christophe PEREIRA, Professeur, INALCO, Département Études Arabes, Paris, Rapporteur.

Résumé la thèse

English version below

En 1917-18, l’arabisant français G. S. Colin recueillait les données linguistiques d’un parler arabe du Nord-Ouest du Maroc. Celui de la tribu Branès, située au Nord de la ville de Taza. Il le décrivait comme étant un parler arabe d’une tribu berbère d’arabisation récente. Ce fut la première description dialectologique d’un parler arabe montagnard du Nord du Maroc. Dans les années 1930, le même auteur intègre ce parler dans un groupe linguistique qu’il distingue au Nord-ouest du Maroc et désigne par parlers jbala (ou montagnards) pré-hilaliens. Groupe qu’il répartit entre deux zones. La première comprend les parlers qu’il nomme “parlers septentrionaux”, allant du détroit de Gibraltar à l’Ouest de Chefchaouen, dont l’influence de l’arabe andalou est par ailleurs incontestable. La deuxième comprend ceux qu’il désigne par “parlers méridionaux”, situés entre Ouezzane et Taza. Les critères de répartition ne sont pas clairement exposés, mais le degré d’influence du substrat berbère sur l’ensemble de ces parlers semble être le plus décisif. Ainsi, cette influence serait plus importante dans les parlers de la deuxième zone que dans ceux de la première. Ce qui se traduit par une arabisation « récente » des parlers méridionaux, selon l’auteur. Depuis cette date, le parler des Branès (parler branès) illustre les parlers jbala méridionaux dans la dialectologie arabe marocaine.

Selon la dialectologie maghrébine, le substrat berbère ainsi que l’influence de l’arabe andalou seraient majoritairement à la base des traits linguistiques particuliers qui caractérisent les parlers jbala par rapport aux autres variétés de l’arabe marocain. Mais des travaux portant sur l’influence berbère sur ces parlers sont quasi-inexistants. L’absence de documentation écrite et de données linguistiques suffisantes ont certainement freiné les tentatives de recherche. Cependant, depuis la fin du XXe siècle, date d’un renouveau des études linguistique dans la région Nord-Ouest du Maroc, les enquêtes linguistiques sur le terrain se sont multipliées, sans pour autant atteindre une prétendue exhaustivité. Aujourd’hui, le chercheur se trouve en possession de données actualisées ou nouvelles lui permettant de nouvelles perspectives de recherches linguistiques sur le Nord-Ouest du Maroc.
Dans ce cadre propice à la recherche sur les parlers jbala, nous proposons, un siècle après la description de Colin, de vérifier la valeur des propos de l’auteur sur une influence berbère plus importante sur les parlers méridionaux et une arabisation tardive de leurs locuteurs ; propos réitérés par les dialectologues jusqu’à aujourd’hui. Pour ce faire, nous présentons une étude du parler branès sur le plan phonologique, où l’accent est mis sur : 1) le relevé et l’analyse des traits distinctifs du parler, par rapport aux autres variétés de l’arabe marocain. 2) l’étude comparative intra-dialecte (parler branès-autres parlers jbala) et inter-langues (parler branès-parlers berbères du Nord-Ouest du Maroc.) des traits principaux en synchronie : la spirantisation et l’affrication.

Mots clés : Branès Nord-Taza ; Parlers jbala non-hilalien ; Arabe ; Berbère ; Arabisation.

In 1917-18, the French Arabist G. S. Colin collected the linguistic data of an Arabic dialect from the northwest of Morocco. That of the Branès tribe, located north of the city of Taza. He described it as an Arabic speaking from a recent Arabizing Berber tribe. This was the first dialectological description of a mountain Arabic dialect from northern Morocco. In the 1930s, the same author integrated this language into a linguistic group that he distinguished in the north-west of Morocco and referred to by the pré-Hilali Jbala (or mountain) dialect. A group that he divides into two areas. The first includes the dialects he calls "northern dialects", stretching from the Strait of Gibraltar to the west of Chefchaouen, whose influence from Andalusian Arabic is otherwise indisputable. The second includes those he refers to as “southern dialects”, located between Ouezzane and Taza. The distribution criteria are not clearly stated, but the degree of influence of the Berber substratum on all of these dialects seems to be the most decisive. Thus, this influence would be more important in the dialects of the second zone than in those of the first. This translates into a "recent" Arabization of southern dialects, according to the author. Since that date, the dialect of the Branes (dialect Branès) illustrates the southern Jbala dialects in Moroccan Arabic dialectology.

According to the Maghreb dialectology, the Berber substratum as well as the influence of Andalusian Arabic are mainly at the base of the particular linguistic traits that characterize the Jbala dialects compared to other varieties of Moroccan Arabic. But work on the Berber influence on these dialects is almost non-existent. The lack of written documentation and sufficient linguistic data have certainly hampered research attempts. However, since the end of the twentieth century, the date of a revival of linguistic studies in the northwestern region of Morocco, linguistic surveys in the field have multiplied, without reaching an alleged exhaustiveness. Today, the researcher finds himself in possession of updated or new data allowing him to gain new perspectives for linguistic research on the North-West of Morocco.
In this framework conducive to research on the Jbala dialects, we propose, a century after Colin’s description, to verify the value of the author’s affirmations on a more significant Berber influence on the southern dialects and a late Arabization of their speakers ; remarks repeated by dialectologists to this day. For so doing, we present a study of Branès dialect on the phonological level, where the emphasis is on : 1) the identification and analysis of the distinctive features of dialect, compared to other varieties of Moroccan Arabic. 2) the intra-dialect comparative study (Branès dialect-other Jbala dialects) and inter-languages (Branès dialect-Berber dialects of North-West Morocco.) of the main features in synchrony : spirantization and affrication.

Keywords : Branès Nord-Taza ; Jbala Dialects non-hilali ; Arabic ; Berber ; Arabization.

A retrouver sur le site de l’ED 355