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Séminaire Bienfaisance et gouvernement du social (EHESS 2018-2019)

Responsables : Sylvain Bordiec, maître de conférences Université de Bordeaux/LACES, Leila Drif, doctorante à l’EHESS (IRIS), Erwin Flaureau, doctorant contractuel à l’EHESS (CMH), Jonathan Jobert, doctorant à l’université Paris 1 (CESSP), Laura Ruiz De Elvira, chargée de recherche à l’IRD, Sahar Aurore Saeidnia, post-doctorante Gerda Henkel-IREMAM/docteure associée (IRIS).
Première séance : Jeudi 29 novembre 2018, 14h-17h, EHESS, salle AS1_23, Paris

Contacts :
s.saeidnia@gmail.com
sylvain.bordiec@u-bordeaux.fr

Dans la continuité des journées d’étude « Enquêter sur la bienfaisance : approches comparatives des pratiques du bien », notre équipe composée d’anthropologues, de sociologues et de politistes a souhaité, en proposant ce séminaire, prolonger la réflexion sur les recompositions contemporaines du gouvernement du social au prisme de la « bienfaisance » et des pratiques du « bien ».

Dans le sillage d’une littérature qui s’intéresse à la multiplication des formes d’intervention sociale (privées et publiques) dans les sociétés contemporaines, l’objectif est de créer un espace de recherche et de dialogue entre chercheur.e.s qui travaillent la catégorie de bienfaisance à partir de contextes politiques et géographiques, de terrains, d’approches disciplinaires et de méthodes variés.

Pour l’année 2018/2019, ce séminaire pluridisciplinaire ouvert à tou.te.s s’organisera autour de quatre séances permettant la discussion de travaux finalisés ou en cours, l’approfondissement de notions et la discussion avec des chercheur-e-s invité.e.s. Ce cycle se conclura par la tenue au printemps 2019 d’une journée d’étude. Un carnet hypothèse accompagnera ces activités tout au long de l’année (https://bienfaisance.hypotheses.org/) et contribuera à la mise en réseau de chercheur.e.s travaillant sur la bienfaisance.


Programme

- Séance 1 : Jeudi 29 novembre 2018, 14h-17h, EHESS, salle AS1_23, Paris

Le don à l’épreuve des relations entre ceux qui donnent et ceux qui reçoivent.
Intervenant.e.s : Bénédicte Bonzi (EHESS/ LAIOS), « Le plat de résistance. Quand la distribution alimentaire révèle une économie morale dans un marché immoral ».
Evan Fisher (Mines ParisTech/CSI), « The “Hysterics” of Triage. A Pragmatist Ethics of Humanitarian Emergency Triage ».
Discutant : François-Xavier Schweyer (EHESP/ CMH/ERIS).

Résumé : à partir de deux recherches menées sur le vaste terrain de l’ « urgence humanitaire », cette séance réfléchit d’une part aux représentations des bienfaiteurs sur ce qu’ils sont et font et, d’autre part, aux contradictions et aux ambivalences des relations qu’ils établissent avec les bénéficiaires de leurs dons. Attentive aux mots utilisés par les enquêt.é.e.s, l’analyse de ces usages permet d’explorer les enjeux moraux de la bienfaisance (mondes moraux, économie morale, éthique, sources du bien).

- Séance 2 : Mercredi 13 février 2019, 15h-18h, EHESS, Salle AS1_08, Paris

"La mise au travail des aidé.e.s. Formes contemporaines du volontariat et action publique"
Intervenantes :
Agnès Aubry (UNIL/ CRAPUL), « Le travail bénévole d’hommes migrants en Suisse : travail gratuit et mise à l’épreuve civique ».
Florence Ihaddadene (Université Paris-Nanterre/IDHES), « Le service civique, une politique d’activation par l’injonction à l’engagement ».
Discutante : Isabelle Astier (Université Picardie Jules Verne/CURAPP).

Résumé  : cette séance sera consacrée aux formes et dispositifs d’engagements des bénéficiaires de l’aide sociale : jeunes volontaires du service civique en France et migrants bénévoles en Suisse. Les deux interventions apporteront un éclairage nouveau sur les ressorts subjectifs de l’adhésion au volontariat – rémunéré ou non –, et les usages faits par les autorités sociales et politiques de ces « bonnes volontés ». L’étude de l’engagement des bénéficiaires à « faire le bien » nous conduira à envisager la mise au travail des aidé.e.s comme une forme de gouvernementalité de l’action publique contemporaine.

- Séance 3 : Jeudi 7 mars 2019, 14h-17h, EHESS, salle du conseil A/BS1_28, Paris

Faire le « bien » : une continuation du politique par d’autres moyens ?
Intervenant.e.s : Lucas Faure (Science Po Aix/ CHERPA), « Entre cooptation et exclusion par les acteurs étatiques : l’humanitaire et la bienfaisance islamiques dans la lutte contre la précarité en France ».
Daniela Ristic (EHESS/CMH), « Le “Modèle Riace” : l’hospitalité comme opportunité politique d’élever la voix d’une région marginalisée ».
Discutante : Marie Vannetzel (CNRS/CURAPP).

Résumé : cette séance propose d’engager une réflexion sur le travail de catégorisation et de justification des pratiques du « bien » par les acteurs de la bienfaisance, mais aussi sur les catégories analytiques par lesquels les chercheurs les appréhendent. Cette réflexion est abordée à partir des cas d’étude des intervenant.e.s (accueil des réfugiés et demandeurs d’asile en Calabre ; organisations humanitaires islamiques) qui interrogent les processus de (dé)politisation des engagements et des trajectoires militantes des bienfaiteurs.

- Séance 4 : Jeudi 4 avril 2019, 15h-18h, EHESS, salle 13, Paris

Violence et bienfaisance
Intervenant.e.s : Raphaëlle Chevrillon-Guibert (IRD/PRODIG), « Bienfaisance et développement régional, les paradoxes du Soudan islamiste ».
Thomas Pierret (CNRS/IREMAM), « “Mène le jihad par ton argent”. Ascension et déclin des donateurs privés du Golfe dans le conflit syrien ».
Discutant : Marc-Antoine Pérouse de Monclos (IRD/CEPED).

Résumé : l’ambition de cette dernière séance sera d’explorer l’articulation entre la violence sous ses différentes formes (symbolique, physique, étatique, perçue, vécue etc.) et les pratiques du « bien », et ce notamment dans les configurations de crise où les frontières entre les différents secteurs tendent à s’effacer, les rapports sociaux à se désobjectiver et les identités à se bouleverser. La discussion questionnera entre autres la dimension conflictuelle qui peut entourer les pratiques du « bien » dans ces contextes.

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