Peloton méhariste et campement bédouin (tribu Sbaʿa) à Qdeïm (nord-est de Palmyre), 13 juin 1928. Source : Papiers Deleuze, Aviation du Levant, mission 5.0b.23

Photo : peloton méhariste et campement bédouin (tribu Sbaʿa) à Qdeïm (nord-est de Palmyre), 13 juin 1928 @ Papiers Deleuze. Aviation du Levant, mission 5.0b.23 (Source : Mehdi Sakatni)

Soutenance de thèse de Mehdi Sakatni

ED 355 - Espaces, Cutures, Sociétés - Aix-Marseille. Spécialité : Histoire

« Quand les Bédouins s’arrêteront. » Histoire des politiques de sédentarisation en Syrie mandataire (1920-1941). Sous la direction de Nicolas Michel (AMU-IREMAM)

Mardi 29 mars 2022, 14h, MMSH, salle Paul-Albert Février, Aix-en-Provence. La soutenance aura également lieu en visioconférence : lien zoom. ID de réunion : 870 5374 6861. Code secret : 205806.

Jury

Directeur de thèse : Nicolas Michel, Aix Marseille Université, Iremam
Examinateur : Chantal Verdeil, Inalco
Rapporteur : Stefan Winter, Université du Québec à Montréal (UQAM)
Examinateur : Ghislaine Alleaume, Cnrs, Iremam
Rapporteur : Dawn Chatty, Université d'Oxford
Examinateur : Simon Jackson, Université de Birmingham

Résumé de la thèse

Cette thèse de doctorat est consacrée à l’histoire de la rencontre entre deux mondes : d’une part, l’administration du mandat français qui a investi la Syrie après l’effondrement de l’Empire ottoman, à la fin de la Première guerre mondiale ; d’autre part, les populations bédouines nomadisant au sein de la steppe syrienne, un espace marginalisé aussi bien géographiquement qu’économiquement.
Au centre des interactions entre ces deux univers, figure un des projets majeurs du mandat : la sédentarisation des nomades. À travers la concession de terres agricoles aux chefs de tribus, l’administration française vise à transformer les éleveurs bédouins en cultivateurs sédentaires, à accroître la surface cultivée et, à terme, à assurer le développement économique du pays.
À partir des archives des administrations françaises en Syrie, l’étude présente les différents instruments et techniques de contrôle des populations bédouines élaborés par le pouvoir mandataire. L’analyse fait émerger la tentative française de combiner deux traditions impériales de gouvernement des nomades ; la première héritée de son propre empire colonial – et, en particulier, des expériences nord-africaines – et la seconde correspondant au legs de plusieurs siècles d’administration ottomane en Syrie. Dans l’effort d’accommoder ces deux traditions, le Haut-Commissariat français en Syrie évolue d’une conception binaire du territoire et de ses populations dans les premières années de la tutelle, pour s’orienter vers une politique d’inclusion de la steppe et des Bédouins au sein du territoire et de l’État syrien en construction. La volonté d’inclusion se traduit par une tentative de redéfinition de l’organisation sociale des Bédouins (« la tribu ») et de son rapport aux institutions politiques modernes (« l’État »). Le monde bédouin se constitue alors comme un système politique et un élément de la souveraineté, système dont le particularisme est reconnu par les autorités. Ce travail de recherche, en s’attardant sur les transformations des économies et des sociétés rurales dans le Moyen-Orient de l’entre-deux-guerres, s’efforce de repenser la nature politique de la tutelle mandataire et de réévaluer la place et le rôle de la frange bédouine dans la construction de l’État-nation en Syrie.